Les dernières prises de position publiques des principaux émissaires internationaux ont contraint les membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) à plier l’échine. Leurs velléités de prolonger la transition, à l’image de leur prédécesseur Ariel Henry, viennent d’essuyer un revers cinglant. Contre vents et marrées, le cap est désormais et officiellement mis vers des élections.
C’est, hélas, l’heure de la moisson pour les vieux briscards de la politicaillerie haïtienne. Les éternels assoiffés du pouvoir sortent de l’ombre. Fidèles à leur instinct de survie politique, ils occupent les médias et réseaux sociaux, se montrent à des cocktails, se faufilent dans des réunions diplomatiques et des missions internationales. Peu leur importe le peuple. Seule compte l’opportunité de briller sous les projecteurs.
Gare au nationalisme de façade
Viennent ensuite les « diaspos » résidents ou à double nationalité, endettés jusqu’au cou dans leurs pays d’accueil, croulant sous les factures et les mensualités de leurs résidences luxueuses. Les voilà soudain passionnés de patriotisme… dans l’espoir d’obtenir un poste juteux en Haïti, histoire de panser leurs finances boiteuses et se refaire une santé économique sous couvert de service public. A cela s’ajoute une cohorte d’opportunistes-papa toudenkou, abolotcho- pour qui le pouvoir politique, depuis les quinze dernières années, n’est qu’un guichet rapide d’enrichissement : facile, sans honte et surtout sans risque.
De vils donneurs de leçons…
Et que ceux qui ont dirigé, conseillé, influencé et profité des administrations successives de 2017-2025 ne se drapent surtout pas dans la vertu. Qu’ils ne se rêvent ni justiciers, ni donneurs de leçons. A leur actif, il faut inscrire :
Ø La prolifération des gangs armés et les territoires perdus, livrés à la barbarie
Ø Le pillage systématique, le braquage méthodique des faibles ressources de l’État
Ø L’insécurité généralisée, culminant par la création d’une véritable fédération de crime.
Ø Une insécurité alimentaire qui terrasse plus de six millions d’Haïti.
Ø Les incendies criminels et destructions de maisons, sous l’œil complice de l’autorité, contraignant près de deux millions de citoyens à vivre sous des tentes de fortune.
Ø Le désespoir d’une jeunesse privée d’école, de perspective, de dignité, faute d’investissement créateurs d’emplois et de richesse.
Haïti, notre pays, a atteint le point de non-retour. Quinze années de mauvaise gouvernance ont transformé la crise en catastrophe nationale. Et que personne ne vienne nous vendre l’illusion d’un « Torquemada », persuadé qu’a la pointe de ses armes et en toute impunité, il pourra résoudre les défis politiques, économiques, sociaux ou environnementaux du pays.
L’avenir d’Haïti ne se bâtira ni sous la botte des criminels, ni sous la loi des vils trafiquants (armes, drogues et organes), ni sous la coupe des affairistes du secteur prive-ces anciens faiseurs de rois qui rêvent aujourd’hui de capturer soit par proxy, soit directement le pouvoir politique pour se refaire une sante économique. Leur manipulation de quelques leaders politique affames ne produira jamais la stabilité encore moins l’espoir.
Ce pays ne peut plus être le buffet ouvert d’élites dévoyées, de mercenaires politiques, de banquiers de gangs, d’opportunistes sans scrupule. L’heure est venue de reprendre le destin national, non pour le bénéfice d’un clan mais pour la survie d’une nation.