À l’occasion des 16 Jours d’Activisme contre les Violences Basées sur le Genre, Zantray Fanm Kreyòl (ZAFAK) réaffirme son engagement inébranlable à défendre les droits des femmes et des filles en Haïti et à lutter contre toutes les formes de violences qui compromettent leur sécurité, leur dignité et leur autonomisation.
Dans un contexte national marqué par la crise sécuritaire, l’instabilité institutionnelle et la montée des violences, cette campagne mondiale prend en Haïti une résonance particulière, révélant l’urgence d’agir de manière structurée et collective.
Des obstacles systémiques qui aggravent les violences
Les Violences Basées sur le Genre (VBG) demeurent profondément ancrées dans un système patriarcal qui perpétue les inégalités de pouvoir, fragilise la voix des survivantes et banalise les agressions.
ZAFAK souligne la gravité des obstacles actuels :
Absence de lois-cadres pour sanctionner les actes de cyberviolence, laissant les femmes et les filles sans protection juridique adaptée ;
Faiblesses du système judiciaire, marquées par un manque de formation, des lenteurs administratives et une prise en charge inégale des cas de VBG ;
Certificats médicaux tardifs et coûteux, qui limitent l’accès des survivantes à la justice et compromettent les procédures légales ;
Impunité persistante, renforçant la normalisation des violences et décourageant les dénonciations ;
Revictimisation sociale, qui stigmatise les survivantes au lieu de les soutenir ;
Manque de ressources psychosociales, empêchant une prise en charge adéquate, durable et respectueuse.
Ces barrières constituent une violation flagrante des droits humains et un frein majeur à l’autonomisation des femmes et des filles en Haïti.
Un appel à l’action collective
Zantray Fanm Kreyòl (ZAFAK) appelle :
les autorités publiques à adopter des lois modernes et adaptées pour lutter contre la cyberviolence et renforcer le cadre légal des VBG ;
les acteurs judiciaires à garantir une réponse rapide, équitable et sensible au genre ;
les institutions sanitaires à assurer la gratuité et la disponibilité immédiate des certificats médicaux ;
les instances de sécurité et de justice à combattre l’impunité par des mesures rigoureuses ;
la société haïtienne à rejeter toute forme de stigmatisation des survivantes ;
les partenaires techniques et financiers à soutenir la création de services psychosociaux accessibles, centrés sur la protection et la reconstruction des femmes et des filles.
L’engagement de ZAFAK
Zantray Fanm Kreyòl réitère sa détermination à contribuer à la prévention, à la sensibilisation, au plaidoyer et à l’accompagnement des survivantes. Nous continuerons à défendre une vision d’Haïti où chaque femme et chaque fille peut vivre sans violence, accéder à la justice, s’épanouir et exercer pleinement son pouvoir d’agir.
En cette période de 16 Jours d’Activisme, ZAFAK rappelle que la lutte contre les violences basées sur le genre ne se limite pas à une campagne : elle doit être un engagement quotidien, une responsabilité collective et une priorité nationale.