« La lecture scénique est une forme de performance théâtrale où des acteurs lisent un texte, souvent sans costumes ni décors, et utilisent leur voix et leurs gestes pour donner vie à l'histoire. Elle se situe entre la lecture à voix haute et le théâtre, et peut inclure des éléments supplémentaires comme la lecture musique théâtrale. » ( www.google.com)
La pièce À cheval sur le dos des oiseaux de Céline Delbeck a résonné dans les hauteurs de Bourdon. « À 47 ans, Carine Bielen vit seule avec son fils, Logan. Depuis toute petite, elle a été stigmatisée par une société qui la qualifie d’« arriérée », de « handicapée ». Comme un clown sans filtre, Carine Bielen se dévoile et arrache un rire de sa condition miséreuse. Presque malgré elle, elle tend un miroir aux gens et à la société.»
Dirigée par Guy Régis Jr avec Néhémie Bastien, la mise en voix du texte de Delbeck a touché les festivaliers. Au Centre culturel Pyepoudre, la comédienne donne corps à cette histoire poignante. Elle respecte tout : les caractères typographiques et didascalies indiquant le rythme des phrases, les arrêts qui ponctuent le flot de paroles, les moindres gestes, déplacements et intonations. À son tour, le spectateur prête l’oreille à ses dires. Il rit, partage ses douleurs et ses peines.
Debout derrière son pupitre, la lectrice se met de fort belle manière dans la peau de cette femme au verbiage naïf, appliquant à la lettre les consignes du jeu. Sa diction emprunte au phrasé enfantin, avec petits rires, brefs emportements joyeux, apartés sarcastiques. Comme un enfant, elle donne l’impression qu’elle n’a jamais pu tout à fait quitter ses dix ans.
« À cheval sur le dos des oiseaux, un texte de grande sensibilité. Pendant plus d’une heure, la comédienne joue le jeu de cette de cette femme de quarante-six ans. Sa voix résonne, touche l’assistance. Elle remonte le temps de son enfance, elle ressent la tristesse éprouvée pour ses proches parents partis trop tôt.
« À cheval sur le dos des oiseaux donne la parole à « ceux qui ne sont rien » en renversant le regard que la société porte sur eux. Il existe des milliers de Carine Bielen, pris dans les filets du contrôle social. Il faut les écouter et les entendre. »
À cheval sur le dos des oiseaux, « le monologue poignant d’une femme que la société qualifie volontiers d’ « arriérée » mais dont les mots disent toute l’énergie, la délicatesse et la poésie. »
Selon Néhémie Bastien, À cheval sur le dos des oiseaux est un texte plein d’humour et très poignant à la fois. « Un texte plein d’émotions. Je me suis retrouvée dans chaque émotion partagée par le personnage. C’est une femme qui a vécu dans la douleur : une enfance difficile et une situation précaire. C’est une femme qui a tout perdu voire la garde de son enfant, Logan »
« Alors Logan je le garde avec moi. Je lui montre les petits oiseaux en promenade. Comme on faisait avec mon père avant qu’m’y aime plus. On danse sur la fanfare même si ça va trop fort pour lui. Je ne l’abandonnerai pas parce que c’est mon petit. Et qu’on se regardera jamais de travers lui et moi. »