À quelques mois des échéances électorales annoncées pour décembre 2026, les premières indications d’opinion commencent à nourrir les débats sur les éventuelles candidatures et sur les attentes de l’électorat haïtien.
Un sondage présenté comme ayant été réalisé par l’Institut de Recherche Électorale Haïtienne (IREH)* place Jocelerme Privert* en première position parmi les personnalités politiques évaluées, avec 67 % des intentions exprimées dans le document. Il devancerait ainsi Joseph Michel Martelly, crédité de 55 %, Jerry Tardieu avec 40 %, Etzer Emile avec 35 %, Jacky Lamarque avec 23 %, Wilner Joseph avec 20 % et Jude Célestin avec 17 %.
Selon la méthodologie inscrite sur le document, l’enquête aurait été menée du 15 juillet au 6 août 2026, auprès d’un échantillon de 3 500 personnes, avec une marge d’erreur annoncée de ± 1,65 %, à un niveau de confiance de 95 %. Le document précise toutefois qu’il s’agit d’un **sondage préliminaire susceptible d’évoluer.
La première place attribuée à Jocelerme Privert constitue, si ces chiffres sont confirmés par une enquête indépendante et méthodologiquement vérifiable, un indicateur politique qui mérite attention. Elle pourrait traduire l’existence d’un courant d’opinion favorable à une certaine conception de l’État, de la gouvernance et de la continuité institutionnelle.
Il serait néanmoins prématuré d’en déduire que l’ensemble de la jeunesse haïtienne ou toutes les composantes de la société civile se reconnaissent dans cette préférence. Une société aussi diverse qu’Haïti ne saurait être réduite à un seul résultat de sondage. Les aspirations de la jeunesse, des organisations sociales, du secteur privé, des professionnels, des universitaires et des différentes communautés demeurent multiples et parfois contradictoires.
Ce qui apparaît surtout, c’est que la question de la prochaine présidentielle pourrait être dominée par une exigence fondamentale : la capacité des dirigeants à proposer une vision crédible pour l’avenir du pays. Au-delà des personnalités et des pourcentages, l’électorat sera appelé à examiner les programmes, les parcours, les propositions et la capacité réelle des candidats à répondre aux défis économiques, sociaux, institutionnels et sécuritaires auxquels Haïti est confrontée.
Pour Jocelerme Privert, une éventuelle position favorable dans les sondages constituerait donc moins un aboutissement qu’une responsabilité politique supplémentaire : celle de démontrer que la confiance exprimée dans une enquête peut se traduire en projet national, en dialogue avec toutes les générations et toutes les composantes de la société.
À ce stade, le chiffre le plus important n’est peut-être pas seulement celui qui place un candidat en tête, mais celui qui mesure la profondeur des attentes d’un peuple en quête d’un avenir politique différent.
Jean Dalens SEVERE