À Petite-Rivière de Nippes, Jocelerme Privert confirme son statut de "démocrate impénitent''

Politique

 

En visite dans le département des Nippes, notamment à Petite-Rivière, l’ancien Président provisoire de la République, Jocelerme Privert, s’est retrouvé face à une interpellation citoyenne particulièrement directe. Un résident de la zone, Lefabien Meriné, lui a adressé une question empreinte de frustration et de colère, donnant lieu à un échange qui n’a pas manqué de retenir l’attention des personnes présentes.

Loin de se dérober à cette interpellation, Jocelerme Privert a choisi de répondre à son interlocuteur. Une attitude que ses partisans présentent comme l’illustration d’une conception exigeante de la démocratie : celle d’un responsable public disposé à écouter les préoccupations de la population, y compris lorsque celles-ci sont exprimées avec vigueur.

Devant plusieurs centaines de personnes, cet échange a pris une dimension qui dépasse le simple cadre d’une rencontre politique. Il renvoie à une question fondamentale dans toute démocratie : quelle place accorder à la parole citoyenne dans l’exercice du pouvoir ?

Pour Jocelerme Privert, le dialogue ne saurait être réduit à un simple exercice de communication politique. Il constitue, au contraire, un instrument essentiel de gouvernance et de responsabilité publique.

Un dirigeant qui aspire à conduire les destinées d’une nation doit, en effet, être en mesure d’affronter les interrogations de ses concitoyens, d’entendre leurs inquiétudes et d’apporter des réponses claires, indépendamment de leur opinion ou de leur niveau de satisfaction.

« Ce n’est pas une faveur, c’est une exigence démocratique »

L’épisode de Petite-Rivière remet ainsi au centre du débat la question de la responsabilité des dirigeants envers la population.

Dans une société démocratique, le citoyen ne devrait pas être réduit au rôle de simple spectateur. Il est en droit d’interroger ceux qui sollicitent sa confiance, de questionner leurs décisions, de demander des explications et d’exiger des engagements précis.

Le peuple a le droit de poser des questions. Il a le droit d’obtenir des réponses. Il a également le droit de connaître le bilan, la vision, les priorités et les solutions proposées par ceux qui ambitionnent de diriger le pays.

Cette exigence revêt une importance particulière dans un contexte où la confiance entre les citoyens et les institutions publiques demeure un enjeu majeur.

Ancien Président provisoire de la République en 2016, Jocelerme Privert entend également s’appuyer sur son expérience à la tête de l’État et sur le processus électoral organisé durant sa période de transition.

Pour ses soutiens, cette expérience constitue un élément important dans l’appréciation de sa capacité à exercer des responsabilités nationales. Ils mettent notamment en avant sa connaissance des rouages institutionnels et son approche de la gestion publique.

L’échange de Petite-Rivière est ainsi présenté comme une illustration supplémentaire de sa volonté de privilégier le dialogue plutôt que la confrontation, et l’écoute plutôt que le rejet de la parole citoyenne.

Au-delà de la personne de Jocelerme Privert, la scène soulève une problématique qui concerne l’ensemble de la classe politique haïtienne : que signifie véritablement aspirer à diriger un pays ?

Diriger ne consiste pas uniquement à prononcer des discours, à présenter des promesses ou à solliciter des suffrages. La responsabilité politique implique également de rendre compte, d’expliquer ses choix, d’assumer son bilan et de présenter à la population une vision intelligible de l’avenir.

La démocratie ne se résume donc pas au seul moment électoral. Elle se nourrit quotidiennement du dialogue entre gouvernants et gouvernés, de la confrontation des idées et de la capacité des responsables publics à accepter la contradiction.

Une scène qui, aux yeux de ses partisans, traduit une conviction simple : le respect du citoyen commence par le respect de sa parole.

Jean Dalens SEVERE