La Direction Générale des Impôts (DGI) se retrouve aujourd’hui au cœur d’une crise administrative majeure, marquée par des dysfonctionnements structurels et des soupçons d’irrégularités qui fragilisent son fonctionnement. Cette situation place le nouveau directeur général dans une position délicate, contraint de gérer un héritage lourd tout en tentant de restaurer la crédibilité de l’institution fiscale.
Selon plusieurs sources concordantes, la précédente administration dirigée par Me Romial Petit aurait laissé derrière elle un système profondément marqué par des pratiques contestables. Au centre des critiques figurent des nominations à forte connotation politique, opérées au détriment des critères de compétence et de mérite. Des postes stratégiques auraient ainsi été confiés à des profils insuffisamment qualifiés, compromettant l’efficacité des services.
Des témoignages internes évoquent notamment des responsables, notamment des coordonnateurs et leurs adjoints, incapables de définir clairement leurs missions ou d’assumer pleinement leurs fonctions. Une situation qui, selon des observateurs, contribue à un climat de confusion administrative et nuit à la performance globale de l’institution.
Parallèlement, plusieurs cadres expérimentés auraient été écartés dans des conditions jugées opaques. Ces décisions seraient liées à des considérations politiques, notamment en faveur d’un groupe désigné sous le nom de « G11 », présenté comme une structure de soutien à l’ancien directeur général. Ces licenciements, perçus comme arbitraires par certains, alimentent un sentiment d’injustice et de démotivation au sein du personnel.
L’un des dossiers les plus sensibles reste celui de la disparition présumée d’environ seize millions de gourdes au bureau de la DGI de Carrefour. D’après les informations disponibles, une enquête aurait été ouverte avant d’être classée sans suite, sans explications publiques convaincantes. Cette absence de clarification soulève de sérieuses interrogations quant à la transparence des procédures internes et à la volonté réelle des autorités de faire toute la lumière sur cette affaire.
Face à l’ampleur des enjeux, des voix s’élèvent pour exiger des réponses concrètes. Institution clé dans la mobilisation des ressources de l’État, la DGI ne peut se permettre de fonctionner dans un climat d’opacité et d’approximation. La restauration de la confiance passe inévitablement par des réformes structurelles, une gestion basée sur la compétence, ainsi qu’un engagement ferme en faveur de la transparence et de la reddition de comptes.
Dans ce contexte, tous les regards sont désormais tournés vers la nouvelle direction, appelée à redresser une institution stratégique dont la stabilité est essentielle au bon fonctionnement de l’État.
Jean Dalens SEVERE