Sous le leadership engagé de Davena Alcé, le Collectif 3 Avril, réunissant des organisations féministes et féminines du Nord et du Nord-Est, a organisé, le 2 avril 2026, une marche pacifique d’une ampleur significative à travers les rues de la ville du Cap-Haïtien autour du thème « Pou Memwa, Dwa ak Pouvwa »; une mobilisation qui a porté avec force les revendications des femmes, des filles ainsi que des groupes marginalisés, tout en illustrant le dynamisme d’un mouvement qui, depuis quarante ans, poursuit sans relâche son combat pour la justice, la dignité et l’égalité.
Mais cette marche n’était pas une simple commémoration. Elle s’inscrit dans une lutte continue contre les inégalités structurelles qui entravent la pleine participation des femmes à la vie politique, économique et sociale du pays. En Haïti, les femmes continuent de faire face à des obstacles systémiques : sous-représentation dans les sphères décisionnelles, accès limité aux opportunités économiques, violences basées sur le genre et exploitation sexuelle persistante. Ces réalités ne sont ni accidentelles ni isolées : elles sont le produit d’un système profondément inégalitaire qu’il est urgent de déconstruire.
Revendiquer l’égalité de genre, ce n’est pas réclamer un privilège, mais exiger un droit fondamental. Il est impératif que les femmes haïtiennes participent pleinement à la gouvernance du pays. Leur présence dans les espaces politiques ne doit plus être symbolique, mais réelle, significative et influente. Une démocratie véritable ne peut exister sans la participation équitable des femmes, qui représentent plus de la moitié de la population.
L’égalité des opportunités constitue également un pilier essentiel du développement durable. Tant que les femmes seront privées d’un accès équitable à l’éducation, à l’emploi et aux ressources, le pays continuera de se priver d’un potentiel immense. Investir dans les femmes, c’est investir dans l’avenir d’Haïti.
La mobilisation a aussi été l’occasion de dénoncer avec force toutes les formes d’exploitation sexuelle et d’oppression. Les corps des femmes ne sont pas des terrains de domination. Les violences sexuelles, qu’elles soient commises dans les sphères privées ou publiques, doivent être combattues avec rigueur, et leurs auteurs traduits en justice. L’impunité ne peut plus être tolérée.
Au-delà des revendications, cette marche est un appel à l’action. Elle interpelle l’État, les institutions et la société dans son ensemble. Il est urgent de mettre en place des politiques publiques efficaces pour garantir la protection des droits des femmes, renforcer les mécanismes de justice et promouvoir une culture de respect et d’égalité.
Quarante ans de lutte, de résistance, de sororité et de solidarité ont permis des avancées notables, mais le combat est loin d’être terminé. Aujourd’hui plus que jamais, les femmes haïtiennes se lèvent, unies et déterminées, pour exiger un avenir où leurs droits seront pleinement reconnus et respectés.
Il ne peut y avoir de justice sans égalité. Et il ne peut y avoir de développement sans les femmes.
“ Pa gen demokrasi san Fanm “
Hommage à toutes les pionnières de ce mouvement en Haïti.